Opter pour l’IS transforme radicalement la comptabilité d’une SCI : exit le simple suivi de trésorerie, place à la comptabilité d’engagement complète avec bilan, compte de résultat, annexes et liasse fiscale 2065. En contrepartie, la SCI peut amortir ses immeubles et déduire davantage de charges, ce qui réduit l’impôt annuel. Dans ce guide, vous découvrirez les obligations exactes, les taux IS 2026, les règles d’amortissement et les meilleures solutions pour gérer cette comptabilité. Pour un aperçu des outils disponibles dès maintenant, consultez notre sélection d’outils gratuits pour la comptabilité de SCI.
Résumé
- La SCI à l’IS est obligée de tenir une comptabilité commerciale complète : bilan, compte de résultat et annexes.
- Les bénéfices sont imposés à 15 % jusqu’à 42 500 € puis à 25 % au-delà (derniers taux en vigueur).
- Contrairement à l’IR, la SCI à l’IS peut amortir comptablement ses immeubles, ce qui réduit le résultat imposable chaque année.
- Une liasse fiscale (formulaire 2065) doit être déposée en ligne chaque année, dans les 3 mois suivant la clôture de l’exercice.
- La sortie de l’IS est impossible si elle a été choisie volontairement : l’option est irrévocable.
Pourquoi la comptabilité d’une SCI à l’IS est-elle différente ?
La différence fondamentale tient au régime fiscal. Une SCI translucide (à l’IR) relève d’une comptabilité simplifiée : les recettes et dépenses suffisent. Une SCI à l’IS, en revanche, est assimilée fiscalement à une société commerciale. Elle doit appliquer le plan comptable général (PCG) et produire des documents comptables annuels conformes aux normes françaises.
Cette distinction a des conséquences directes sur la charge administrative, le coût de gestion et la fiscalité des distributions. Les loyers perçus ne sont plus des revenus fonciers pour les associés, mais des dividendes, soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %. Les plus-values à la revente obéissent au régime des plus-values professionnelles, souvent moins avantageux que celui des particuliers.
Quelles SCI sont concernées par l’IS ?
Deux situations conduisent une SCI à relever de l’IS. La première est le choix volontaire et irrévocable des associés, formalisé lors de la création ou en cours de vie sociale. La seconde est l’assujettissement automatique, qui survient dès que la SCI exerce une activité commerciale : location meublée représentant plus de 10 % des recettes totales, achat-revente d’immeubles, ou location de locaux équipés à usage commercial (article 206 du CGI). Dans ce dernier cas, les associés n’ont pas le choix.
L’option IS est-elle toujours avantageuse ?
L’IS peut être intéressant pour les SCI qui n’ont pas vocation à redistribuer les bénéfices à court terme. La possibilité d’amortir l’immeuble réduit mécaniquement le résultat imposable et donc l’impôt annuel. En revanche, lors de la revente, la valeur nette comptable de l’immeuble (après amortissements cumulés) est faible, ce qui génère une plus-value professionnelle élevée, intégralement taxée à l’IS. L’avantage fiscal de court terme peut ainsi se transformer en coût important à la sortie.
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Découvrir IndyLes obligations comptables obligatoires d’une SCI à l’IS
La comptabilité d’engagement impose d’enregistrer chaque opération au moment où elle est constatée, indépendamment de son encaissement. Cela signifie qu’un loyer couru mais non encore reçu doit figurer dans les comptes de l’exercice concerné.
Quels documents comptables doit produire une SCI à l’IS ?
Trois documents sont obligatoires à la clôture de chaque exercice :
- Le bilan : photographie du patrimoine de la SCI à la date de clôture (actif immobilisé, créances, dettes, capitaux propres).
- Le compte de résultat : récapitule les produits (loyers, produits financiers) et les charges (intérêts d’emprunt, amortissements, charges de gestion) de l’exercice.
- L’annexe comptable : note explicative détaillant les méthodes comptables retenues et les événements significatifs de l’exercice.
Ces documents constituent la liasse comptable, à distinguer de la liasse fiscale déposée auprès de l’administration fiscale.
Quelles sont les formalités fiscales à respecter chaque année ?
La SCI à l’IS doit déposer sa déclaration de résultat via le formulaire n° 2065 accompagné des tableaux de la liasse fiscale (tableaux 2050 à 2059 pour les sociétés relevant du régime normal). Ce dépôt s’effectue obligatoirement par voie dématérialisée sur le portail impots.gouv.fr, dans un délai de 3 mois suivant la clôture de l’exercice (soit au 30 avril pour une clôture au 31 décembre). Conformément à l’article 223 du Code général des impôts, le non-respect de ce délai expose la SCI à des majorations et pénalités de retard.
La SCI doit également procéder aux acomptes d’IS (versés en mars, juin, septembre et décembre) dès lors que l’impôt de référence dépasse 3 000 €.
Les règles d’amortissement comptable à l’IS
L’amortissement est l’un des principaux avantages comptables de l’IS. Il permet de constater chaque année la dépréciation théorique du bien immobilier et de réduire d’autant le résultat imposable.
Comment calculer l’amortissement d’un immeuble en SCI IS ?
Seul le bâti s’amortit. Le terrain, considéré comme non dépérissable, ne peut pas faire l’objet d’un amortissement. Il convient donc de ventiler la valeur d’acquisition entre terrain et construction. En pratique, la valeur du terrain représente généralement 15 à 30 % du prix total selon la localisation.
Pour la construction, la durée d’amortissement usuelle en mode linéaire est de 30 à 40 ans pour un immeuble résidentiel, soit un taux annuel de 2,5 % à 3,3 %. Le mobilier et les équipements (si la SCI loue meublé) s’amortissent sur des durées plus courtes : 5 à 10 ans selon la nature du bien.
| Composant | Durée d’amortissement habituelle | Taux linéaire indicatif |
|---|---|---|
| Terrain | Non amortissable | 0 % |
| Gros œuvre (structure) | 50 à 80 ans | 1,25 % à 2 % |
| Second œuvre (toiture, façade) | 20 à 30 ans | 3,3 % à 5 % |
| Agencements intérieurs | 10 à 15 ans | 6,7 % à 10 % |
| Mobilier (location meublée) | 5 à 10 ans | 10 % à 20 % |
Peut-on pratiquer l’amortissement par composants ?
Oui, et c’est même recommandé pour les immeubles de valeur significative. La méthode par composants consiste à décomposer l’immeuble en plusieurs éléments ayant des durées de vie distinctes (structure, toiture, installation électrique, plomberie…) et à amortir chacun sur sa propre durée. Cette approche, conforme au règlement CRC 2002-10, optimise la charge d’amortissement et reflète plus fidèlement la réalité économique du patrimoine.
Les taux d’imposition à l’IS
La SCI à l’IS est soumise au barème de droit commun de l’impôt sur les sociétés. En 2026, deux taux coexistent selon le niveau de bénéfice et la taille de la société.
| Fraction du bénéfice imposable | Taux IS applicable | Conditions |
|---|---|---|
| Jusqu’à 42 500 € | 15 % (taux réduit PME) | CA < 10 M€ et capital libéré détenu à 75 % par des personnes physiques |
| Au-delà de 42 500 € | 25 % (taux normal) | Toutes SCI à l’IS |
Exemple concret : une SCI à l’IS dégage un bénéfice de 60 000 € en 2026. Elle paie 15 % sur 42 500 € (soit 6 375 €) et 25 % sur 17 500 € (soit 4 375 €), pour un IS total de 10 750 €.
Les charges déductibles du résultat fiscal d’une SCI à l’IS
La détermination du résultat imposable repose sur la différence entre les produits et les charges déductibles. À l’IS, la liste des charges admises est plus large qu’à l’IR, ce qui représente un avantage structurel.
Quelles charges peut-on déduire à l’IS ?
- Les intérêts d’emprunt liés à l’acquisition ou aux travaux de l’immeuble.
- Les dotations aux amortissements des immeubles et équipements (non déductibles à l’IR).
- Les charges de copropriété, les primes d’assurance, les frais de gestion locative.
- La rémunération du gérant (si prévue dans les statuts), déductible du résultat sous conditions.
- Les frais d’acquisition (frais de notaire, droits d’enregistrement) : ils peuvent être immobilisés ou déduits en charges selon l’option retenue.
- Les travaux d’entretien et de réparation.
- Les honoraires comptables et juridiques.
Y a-t-il des charges non déductibles à l’IS ?
Certaines dépenses restent non déductibles, même à l’IS : les amendes et pénalités fiscales, les dépenses somptuaires (selon l’article 39-4 du CGI), les dépenses de nature personnelle réintégrées par l’administration, et les charges dont le montant excède la limite de déductibilité des intérêts versés à des associés (thin capitalisation).
Comptabilité SCI IS : gérer soi-même ou déléguer ?
La complexité de la comptabilité à l’IS dépasse largement celle d’un suivi de trésorerie. Elle requiert une maîtrise du plan comptable général, des règles d’amortissement, des liasses fiscales et des délais légaux. Deux options principales s’offrent aux gérants de SCI.
Faut-il faire appel à un expert-comptable ?
L’expert-comptable reste la solution la plus sécurisée pour une SCI à l’IS. Il prend en charge la saisie comptable, l’établissement des comptes annuels, la déclaration fiscale 2065 et le conseil en optimisation. Son honoraire annuel varie généralement de 800 à 2 500 € selon la volumétrie des opérations. Cette dépense est intégralement déductible du résultat fiscal de la SCI.
Peut-on utiliser un logiciel de comptabilité pour une SCI à l’IS ?
Oui, à condition de choisir un outil adapté aux spécificités d’une société soumise à l’IS : plan comptable général, gestion des immobilisations et amortissements, édition de la liasse fiscale 2065. Des solutions en ligne permettent aujourd’hui de tenir la comptabilité de sa SCI sans expertise comptable avancée, à condition d’y consacrer du temps et de maîtriser les bases. Pour identifier l’outil le mieux adapté à votre situation, consultez notre comparatif des logiciels de comptabilité pour SCI.
Quels critères pour choisir entre faire soi-même et déléguer ?
- Nombre d’opérations annuelles : une SCI avec un seul bien locatif et peu de mouvements peut envisager un logiciel en autonomie ; au-delà de 3-4 biens ou de nombreux flux, la délégation s’impose.
- Appétence pour la comptabilité : la rigueur de la comptabilité d’engagement requiert une vraie discipline de saisie.
- Risque de redressement fiscal : une erreur sur la liasse 2065 ou sur les amortissements peut entraîner des régularisations avec pénalités. L’expert-comptable couvre ce risque.
- Budget disponible : les honoraires sont déductibles, ce qui réduit leur coût réel net d’IS.
Pour aller plus loin sur les outils numériques disponibles, notre guide sur la comptabilité en ligne pour SCI présente les principales solutions et leurs fonctionnalités.
Questions fréquentes
Une SCI à l’IS est-elle obligée de faire appel à un expert-comptable ?
Non, la loi n’impose pas le recours à un expert-comptable pour une SCI à l’IS. Toutefois, la complexité des obligations (liasse fiscale 2065, amortissements, comptabilité d’engagement) rend cette assistance fortement recommandée. Les honoraires sont intégralement déductibles du résultat fiscal.
Peut-on passer d’une SCI à l’IR à une SCI à l’IS ?
Oui, une SCI à l’IR peut opter pour l’IS à tout moment. Mais l’inverse est impossible : l’option IS est irrévocable selon l’article 239 du CGI. Ce changement de régime entraîne une cessation fiscale partielle et peut générer des impôts sur les plus-values latentes des immeubles.
Comment sont imposés les dividendes versés par une SCI à l’IS ?
Les distributions effectuées aux associés sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). Les associés peuvent opter pour le barème progressif de l’IR si cela leur est plus favorable. Ces dividendes ne sont pas des revenus fonciers.
Quelle est la date limite pour déposer la liasse fiscale d’une SCI à l’IS dont l’exercice clôture au 31 décembre ?
La déclaration 2065 doit être déposée au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai (soit fin avril / début mai). En pratique, l’administration accorde un délai jusqu’au 30 avril pour les exercices clôturant au 31 décembre, avec une tolérance au 15 mai selon les années.
Une SCI à l’IS peut-elle bénéficier du taux réduit de 15 % ?
Oui, si son chiffre d’affaires est inférieur à 10 millions d’euros et que son capital est intégralement libéré et détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. Le taux de 15 % s’applique alors sur la tranche de bénéfice n’excédant pas 42 500 € par exercice.
Les travaux réalisés dans un immeuble détenu par une SCI IS sont-ils toujours déductibles ?
Non. Les travaux d’entretien et de réparation sont déductibles en charges. Les travaux de construction, reconstruction ou d’agrandissement doivent être immobilisés à l’actif et amortis. La frontière entre ces deux catégories fait l’objet d’une jurisprudence abondante et mérite l’avis d’un expert-comptable.

Jérôme Marchal travaille dans le secteur immobilier depuis plus de 18 ans. Aujourd’hui consultant indépendant, il accompagne particuliers et entreprises dans la valorisation du patrimoine et les stratégies d’investissement.



