Acheter en SCI avec ses parents : démarches et risques

des parents souriant avec leurs enfants adultes

Vous envisagez d’acheter un bien immobilier avec vos parents ? La Société Civile Immobilière (SCI) est une solution de plus en plus populaire pour concrétiser ce projet. Elle permet non seulement d’aider les enfants à accéder à la propriété, mais aussi de préparer la transmission du patrimoine familial dans un cadre fiscal avantageux. Mais attention, ce montage juridique peut être complexe. Quels sont les avantages, les étapes de création et les pièges à éviter dans l’achat en SCI familiale ? On vous explique tout !

Résumé

  • La SCI familiale est une structure juridique très adaptée pour détenir et gérer un bien immobilier entre parents et enfants. Choisir cette option offre des avantages importants pour transmettre son patrimoine et optimiser sa fiscalité ;
  • L‘achat via une SCI se fait en plusieurs étapes, de la rédaction des statuts de la société jusqu’à la signature de l’acte de vente chez le notaire ;
  • Avant de vous lancer, il est indispensable de bien connaître les coûts, les contraintes de gestion et les risques de mésentente familiale.

Comprendre le concept de la SCI familiale

Qu’est-ce qu’une Société Civile Immobilière (SCI) ?

Pour faire simple, une SCI est une société dont le but est de posséder et de gérer un ou plusieurs biens immobiliers.

Son principe de fonctionnement est le suivant :

  • Les membres de la famille, appelés associés, possèdent des parts sociales en fonction de leur apport ;
  • Ils ne sont donc pas propriétaires du bien en direct, mais bien de parts de la société ;
  • C’est ce système de parts sociales qui la différencie des autres formes de propriété.

Par ailleurs, la grande différence avec l’indivision, c’est que la SCI offre un cadre bien structuré grâce à des statuts. Cela permet d’éviter les blocages fréquents en indivision entre parents et enfants, notamment lorsqu’il faut décider d’une vente ou de travaux importants.

Pourquoi parle-t-on de SCI « familiale » pour un achat avec ses parents ?

On parle de SCI familiale lorsque tous les associés sont unis par un lien de parenté ou d’alliance. Cette particularité offre plus de souplesse dans la gestion, car elle repose sur la confiance entre les membres de la famille.

Les objectifs varient d’une famille à l’autre : acheter un bien ensemble, préparer en douceur la transmission d’un patrimoine, ou encore réduire la fiscalité sur le long terme.

Quant à la répartition des rôles, parents et enfants sont des associés avec des droits et des devoirs clairs, définis dès le départ dans les statuts pour assurer une bonne gouvernance.

Quels sont les principaux avantages d’un achat en SCI avec ses parents ?

Un outil puissant pour organiser la transmission

La donation progressive des parts sociales est une solution très efficace. C’est une démarche plus simple et moins chère que de donner un bien immobilier directement.

Bon à savoir : cette méthode permet aussi de profiter des abattements fiscaux sur les donations (100 000 € par parent et par enfant, renouvelables tous les 15 ans). C’est un levier très utile pour transmettre son patrimoine sans payer trop d’impôts.

Il est également possible de faire un démembrement de propriété des parts (recommandé pour un achat en sci en couple). Dans ce cas, les parents gardent l’usufruit (le droit d’utiliser le bien ou d’en percevoir les loyers) et les enfants reçoivent la nue-propriété. Cela permet de préparer la succession sereinement.

Une solution pour optimiser la fiscalité de l’investissement

Le choix du régime fiscal est crucial : vous pouvez opter pour l’Impôt sur le Revenu (IR), qui est transparent, ou pour l’Impôt sur les Sociétés (IS), qui permet notamment d’amortir la valeur du bien.

Si le bien est loué, vous pouvez déduire de nombreuses charges réelles des revenus locatifs (intérêts d’emprunt, travaux, taxe foncière). Cela peut réduire l’impôt à payer et améliorer la rentabilité de votre projet.

Enfin, l’impact sur l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) peut être positif (plus d’infos ici). Seule la valeur nette des parts est à déclarer, ce qui signifie que les dettes de la SCI sont déduites.

Une meilleure protection du patrimoine et des associés

La SCI crée une séparation claire entre le patrimoine personnel des associés et celui de la société. Cela offre une protection en cas de dettes professionnelles, par exemple. Les statuts peuvent être rédigés sur mesure pour définir les règles de gestion, les pouvoirs du gérant et les conditions de vente des parts. Cela limite fortement les risques de conflits à l’avenir. Enfin, en cas de décès d’un associé, les statuts peuvent protéger le conjoint survivant, par exemple en lui donnant l’usufruit des parts de la personne décédée.

Comment créer une SCI et acheter le bien avec vos parents ?

1. La conception et la rédaction des statuts

Il est vivement recommandé de faire appel à un professionnel pour rédiger des statuts parfaitement adaptés à votre situation familiale.

Les statuts doivent obligatoirement contenir certains éléments :

  • L’objet social (achat, gestion, location…) ;
  • Le capital social et sa répartition ;
  • L’adresse du siège social ;
  • La durée de vie de la SCI.

La désignation du gérant, qui est souvent l’un des parents, est une étape clé. Il faut définir précisément l’étendue de ses pouvoirs pour la gestion quotidienne.

2. Les formalités d’immatriculation de la société

Une fois les statuts signés, vous devez publier une annonce dans un journal d’annonces légales (JAL). Cette publication sert à informer les tiers de la création de votre société.

Ensuite, vous devez déposer le dossier complet au greffe du tribunal de commerce. Le greffe se charge alors d’immatriculer la société au Registre National des Entreprises (RNE).

3. Le financement de l’achat et la signature de l’acte

Pour financer l’achat en SCI, plusieurs solutions existent : les apports en argent des parents et des enfants, ou un prêt bancaire contracté directement par la SCI.

La banque va analyser la capacité de remboursement de la société. Dans la plupart des cas, elle demandera une caution personnelle de chaque associé, ce qui augmente leur engagement individuel.

La dernière étape est la signature de l’acte de vente authentique chez le notaire. C’est à ce moment précis que la SCI créée avec vos parents devient officiellement propriétaire du bien immobilier.

Les inconvénients et points de vigilance à ne pas négliger pour un achat en SCI avec ses parents

Quels sont les coûts liés à une SCI ?

Les frais de création ne sont pas à prendre à la légère. Il faut anticiper plusieurs postes de dépenses pour un achat en SCI avec vos parents, votre fils ou votre fille :

  • Les frais de création, qui incluent les honoraires du notaire ou de l’expert-comptable, les frais de greffe et le coût de l’annonce légale ;
  • Les frais de gestion annuels, car vous devrez tenir une comptabilité, même simple, et organiser une assemblée générale chaque année ;
  • Les frais exceptionnels en cas de vente de parts ou de dissolution, comme les droits d’enregistrement ou l’impôt sur la plus-value.

La complexité de la gestion et le risque de conflits

Les décisions importantes, comme la vente du bien ou la réalisation de gros travaux, doivent être votées en assemblée générale, en respectant les règles de majorité fixées dans les statuts.

Attention : il ne faut jamais sous-estimer le risque de mésentente familiale entre parents et enfants. Un simple désaccord sur une décision importante peut paralyser le fonctionnement de la SCI.

Les contraintes pour sortir de la SCI

Vendre ses parts n’est pas si facile. Un associé qui veut partir doit obtenir l’accord des autres. Cette clause d’agrément est prévue pour éviter que des personnes étrangères n’entrent dans la société.

Il est aussi souvent difficile de trouver un acheteur extérieur qui serait intéressé par des parts d’une SCI familiale, surtout si le bien est la résidence principale d’une partie de la famille.

De plus, la vente de parts peut déclencher l’impôt sur la plus-value. Cet impôt est calculé sur la différence entre le prix de vente et le prix d’achat des parts. C’est un point financier à ne pas oublier.